Qui sommes nous?
François de Larrard
Le duo Bec & Ongles s'est formé en 2024 à Bron , région Lyonnaise.
"J’ai commencé le piano à l’âge de 4 ans, attiré par un antique Pleyel qui avait appartenu à l’un de mes arrière-grands-pères
Pendant toute mon enfance et mon adolescence, j’ai été passionné de musique, mais pianiste dilettante. J’ai toutefois été marqué par l’enseignement de Pierre Froger (1911-1977), professeur de piano et organiste titulaire des grandes orgues de la cathédrale St Gatien à Tours, qui a beaucoup compté dans mon éducation musicale (et gastronomique !)
A l’âge de 20 ans, après avoir intégré l’Ecole Polytechnique, je me suis inscrit au Centre d’Informations Musicales (CIM) à Paris, à l’époque principale école de Jazz de Paris, où j’ai suivi les cours de piano jazz de Michel Précastelli, et où j’ai joué dans le big-band dirigé par Roger Guérin
Deux ans plus tard, je me suis inscrit au conservatoire du XVII° à Paris, où j’ai suivi l’enseignement de Catherine Thibon en piano classique, ce qui m’a permis de recevoir le premier prix du niveau supérieur. Peu après (en 1982), j'ai été lauréat du Concours de piano des Grandes Ecoles à Paris
J’ai continué le travail du piano classique à l’Ecole Nationale de Musique de Cachan, où j’ai suivi les cours d’Ani Pétrossian. Ce travail a été sanctionné par un Prix de Virtuosité à l’unanimité et avec félicitations en 1987
En parallèle du travail du piano classique, j’ai commencé à me produire en piano jazz. J’ai ainsi reçu le prix spécial du Jury en piano solo au concours de Jazz de la Défense, Paris, 1982, ainsi que le 4° prix au concours international de jazz de Hoeilhart, Belgique, 1985.
En complément sur mon parcours, voici un article paru en 2019, ainsi qu'une interview datant de septembre 2020."
Mathieu Bec
Mathieu Bec , né le 22 Août en 1973 à Montpellier, est batteur de jazz et de musique improvisée.
Son jeu connu pour son énergie et sa liberté est influencé par les grands jazzmen "libres de toute étiquette" notamment Milford Graves ou Elvin Jones.
Formé au conservatoire l'Ampli de Sauvian annexe du Conservatoire Régional de l’Hérault . Il découvre également la percussion sur pierres en autodidacte. En 2009, Il entame une démarche plus expérimentale s’appuyant sur l’acoustique des matériaux naturels ou concrets tels que le bois, la pierre phonolithe ou les métaux.
Revenant au jazz plus classique, et voulant construire une collaboration durable aprés de multiples collaborations, il monte en 2023 le duo "Bec & Ongles"un tandem piano -batterie avec le compositeur virtuose François de Larrard, premier soliste du concours de la Défense à Paris dont les improvisations partagées aboutissent à un premier disque "Floating"enregistré à Lyon et édité sur le label bordelais Mazeto Square.
Le disque est notamment passé sur Open Jazz sur France Musique et fera l'objet de nombreuses chroniques dans la presse spécialisée (Jazz News,Citizen Jazz,Culture Jazz....)
Mathieu a notamment collaboré avec Michel Doneda, Boris Blanchet, Daunik Lazro, Xavier Charles,Pierre Charial, Camille Emaille, Beppe Caruso...
"Il existe des albums dont le lyrisme s’impose dès les premières notes, des disques qui ne semblent pas être le produit lent et prévisible de l’industrie musicale, mais plutôt des météorites : autonomes, lumineuses, énigmatiques. Zanzibar, la nouvelle réalisation du duo français Bec & Ongles, le pianiste François de Larrard et le batteur Mathieu Bec — appartient à cette catégorie rare. Il ne demande pas la permission d’exister: il descend, tout simplement, inclassable et entièrement accompli.
Dans un paysage jazz contemporain de plus en plus codifié, fragmenté en micro-courants et dominé par des playlists qui promettent «relax», «chill» ou «focus», un album comme Zanzibar a quelque chose de presque défiant. Il exige l’attention. Il réclame le dialogue. Et surtout, il affirme que la musique n’est pas un lieu d’arrivée, mais une négociation permanente entre deux sensibilités. De Larrard et Bec travaillent leur matériau sonore comme deux sculpteurs taillant un seul bloc: ils creusent, polissent, résistent, cèdent. La ligne entre composition et improvisation devient perméable, mouvante, pareille à une dune balayée par le vent.
Deux portraits, un seul langage
François de Larrard est, sur le papier, un pianiste issu du classique, nourri de contrepoint, de logique harmonique, d’architecture formelle. Mais rien, dans son jeu ici, ne paraît contraint par cette tradition. Ces fondations classiques deviennent plutôt un tremplin vers des territoires où Satie frôle le minimalisme, où la phrase jazz glisse vers la retenue chambriste, où la suggestion importe davantage que la démonstration. Ses mélodies ressemblent souvent à ce qui subsiste après que la pensée s’est déjà dissipée.
Mathieu Bec, à l’inverse, est un métamorphe rythmique. Son rapport aux traditions africaines n’a rien d’ornemental: il l’a absorbé, digéré, réinventé. Parfois, il construit d’immenses écosystèmes à partir d’une seule pulsation ; d’autres fois, il semble emprunter au silence du pianiste pour le lui rendre transformé. Il n’est pas un gardien du temps: il est un co-architecte, ouvrant des voies temporelles où de Larrard peut tracer ses lignes. Leur empathie musicale est saisissante, moins un dialogue qu’une pensée partagée, comme si chacun achevait les phrases de l’autre.
Une musique qui pense, une musique qui rêve
Écouter «The Life of a Man», pivot émotionnel de l’album, c’est entendre des réminiscences de Satie — non pas le compositeur de salon édulcoré, mais la figure subversive dont la musique portait une douce force révolutionnaire. Le morceau se déploie comme un dessin d’Escher rendu audible: récursif, interrogatif, sinueux. On ne se contente pas de l’entendre: on l’habite.
Comme plusieurs autres pièces du disque, il repose sur un ostinato, un procédé si ancien qu’il précède l’harmonie elle-même. Entre les mains de Bec & Ongles, l’ostinato devient plus qu’un motif : un symbole de la persistance humaine. Les boucles se répètent sans jamais se répéter vraiment: elles évoluent, se patinent, s’ajustent aux impulsions des musiciens. Elles sont mantras, incantations, terrain mouvant sur lequel le duo érige ses architectures fragiles mais tenaces.
Les extraits de la suite Zoo prolongent cette démarche. Leur circularité semble primitive, presque comme si l’improvisation était redécouverte pour la première fois. Entre ces pulsations surgissent des éclats free, des détours lyriques, des suspensions sculptées dans l’air. Rien n’est figé. Tout circule. La musique respire à la manière d’une conversation : ses hésitations, ses accélérations, ses digressions inattendues.
Le silence comme troisième musicien
Sous l’ensemble de l’album se cache une compréhension profonde du silence. Non pas comme absence, mais comme force. Les deux artistes écrivent avec le silence comme un auteur avec la ponctuation: tension, attente, surprise. Les espaces entre les notes portent autant de sens que les notes elles-mêmes. À une époque où de nombreux enregistrements recherchent la saturation, Zanzibar redonne sa valeur au dépouillement. Sa retenue devient sa puissance.
Et pourtant, la musique ne bascule jamais dans l’abstraction pure. Même lorsqu’elle frôle la dissonance, elle le fait avec intention, comme pour tester la résistance d’une surface. L’album maintient un équilibre délicat entre clarté et mystère, structure et risque. Impossible à classer: trop orchestré pour être du free, trop exploratoire pour être du classique, trop textural pour être du piano-batterie traditionnel, et pourtant enraciné dans tout cela.
Pourquoi cet album compte aujourd’hui
Les duos piano-batterie sont rares dans le jazz contemporain. Ils exposent tout. Aucun refuge, aucun socle harmonique, aucun soutien grave. Rien que l’invention nue, à deux. Pour cette raison, Zanzibar apparaît audacieux, presque généreux, tant il donne accès aux mécanismes mêmes de la pensée musicale. Mais l’album résonne aussi avec un moment culturel où les frontières, entre styles, entre art et recherche, entre tradition et expérimentation, sont en train de s’effacer.
À ce titre, de Larrard et Bec incarnent une nouvelle génération d’artistes pour qui créer ne consiste plus à rejoindre un genre, mais à inventer une grammaire. Ils dessinent ce que la musique de demain pourrait devenir: hybride, poreuse, attentive, interdisciplinaire. Leur admiration mutuelle est audible dans chaque morceau, non comme émotion affichée, mais comme méthode. Leur musique naît de la confiance.
L’expérience d’écoute
Écouter Zanzibar, c’est comme entrer dans une pièce où la conversation a déjà commencé. Pas de préface, pas de préambule. L’auditeur est invité, doucement mais fermement, dans un univers sonore déjà en mouvement. L’album exige une présence véritable. Et dans un monde saturé d’écoute distraite, cette exigence est une forme de radicalité.
Au fil de ses quatorze titres, le disque se déploie comme une suite de rituels intimes:
– l’introspection lumineuse d’Emma’s Song,
– l’architecture cinétique de Zanzibar,
– les tensions ludiques de Scherzophrenia,
– la fragilité tendre de Comptine pour Antónia,
– les ombres urbaines d’Urbex,
– la douceur crépusculaire de Peaceful Rondo.
Chaque pièce est un fragment d’un ensemble plus vaste, des images séparées, évolutives, qui finissent par former une mosaïque cohérente, à l’image même de la mémoire.
En guise de conclusion
Peu d’albums aujourd’hui sont capables de parler avec la même intensité aux musiciens classiques qu’aux improvisateurs jazz, capables de plonger l’auditeur dans un monde sans préavis, capables de nous obliger, doucement ou fermement, à écouter plus profondément. Zanzibar fait partie de ceux-là. Il se savoure comme un grand millésime, révélant peu à peu ses subtilités et laissant en bouche une longue résonance.
À l’ère du bruit jetable, Bec & Ongles offrent quelque chose de bien plus rare: une musique qui nous écoute en retour."
Chronique signée Thierry De Clemensat
Member at Jazz Journalists Association
USA correspondent for Paris-Move and ABS magazine
Editor in chief – Bayou Blue Radio, Bayou Blue News
PARIS-MOVE, November 26th 2025
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Fiche technique détaillée ci-dessous:
1. Instruments
Piano : si possible, piano acoustique sur place, de préférence à queue (ex. Yamaha C3 ou Steinway B), accordé avant le concert. A défaut, le groupe apportera son piano numérique (Yamaha P525 - deux sorties Jack)
Batterie : si possible, batterie fournie par l'organisateur. Idéalement, une batterie acoustique de marque "Gretsch catalina jazz" ou "Gretsch renown maple"
- Caisse claire 14 pouces
- Grosse caisse 18 pouces
- 3 toms de 12, 14 et 16 pouces.
- Pieds (de cymbales, grosse caisse et de charleston).
A défaut, le batteur apportera sa propre batterie.
Le set de cymbales sera fourni par le batteur (K Zildjian, hi hat 13 pouces custom dark, k ride zildjian 20 et 22 pouces).
2. Disposition (à optimiser selon le lieu):
- batterie à droite
- piano à gauche
en regardant la scène depuis le public.
3. Sonorisation
- Petit lieu: batterie en acoustique, si piano à queue suffisamment puissant, également en acoustique, ou légère amplification. Si piano numérique, amplification nécessaire. Le groupe dispose d'un ampli AER AG8 60 W. Le cas échéant, l'utilisation d'une sono locale (si de qualité) peut s'avérer préférable.
- Lieu plus important: les deux instruments sonorisés avec du matériel local. Pour la batterie: deux micros overhead (cymbales en hauteur), micro grosse caisse, micro charleston et micro caisse claire.
- Dans tous les cas: un micro voix relayé si possible par la sono locale permet aux musiciens de parler au public
4. Divers
Les instrumentistes apportent leurs pupitres, sauf s'il en existe sur place.
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Nos sites respectifs
http://francoisdelarrard.chez-alice.fr/
